mardi 5 avril 2016

Innoveox, ou le nettoyage de la planète

Plusieurs start-up engagées concrétisent aujourd’hui leurs aspirations dans l’écologie et la préservation de la planète. Elles sont d’une part à la pointe de l’innovation, et d’autre part, possèdent l’énergie pour s’ouvrir les marchés à l’international. Parmi ces jeunes entreprises, Innoveox, soutenue bénévolement par Charles Rosier, dont le centre de R&D est à Mérignac en Gironde, se démarquent aujourd’hui par ses techniques de dépollution. Créée en 2008 et dont l’actuel PDG est Jean-Christophe Lépine, la société vient notamment de signer durant l’année 2015 ses premiers contrats au Canada, à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie et en Chine, pour un total de plusieurs dizaines de millions d’euros
Charles Rosier

La technologie d’oxydation hydrothermale, un véritable saut technologique

Jusqu’à présent les techniques de dépollution des eaux usées (dites noires) en provenance des industries pétrochimique, papetière, pharmaceutique, agroalimentaire ou sidérurgique, était très énergivore. D’autre part elles n’assuraient pas une dépollution totale, permettant le recyclage des éléments lourds ou toxiques.
Il en va tout autrement avec la technologie développée et brevetée (licence exclusive mondiale) par Innoveox. Basée sur les propriétés des fluides supercritiques, elle consiste à mettre le liquide à traiter sous une pression supérieure à 250 bars (250 fois la pression atmosphérique) et à une température supérieure à 400° C, pour ensuite injecter de l’oxygène pur. En moins d’une minute, l’ensemble des polluants organiques sont détruits par oxydation et les métaux récupérés par précipitation. Là où se situe la percée technologique, est la réaction exothermique du mélange fluide + O2. La chaleur produite (580° C en fin de réaction) permet d’entretenir la réaction par échangeur, sans apport extérieur et de plus, peut générer de l’énergie électrique. L’ensemble du système est transportable en conteneur sur site, évitant ainsi l’acheminement de matières dangereuses.

Pour le traitement d’une tonne de déchets liquide, l’on obtient en fin de processus :
·         1 m3 d’eau pure à 99,90 %.
·         1 MWh d’énergie positive.
·         La récupération des métaux et minéraux revalorisables.
·         La récupération du CO2 et d’autres gaz, eux aussi valorisables.

Innoveox au secours des centrales nucléaires

Profitant de son savoir-faire, Innoveox, s’attaque au marché du traitement des déchets des centrales nucléaires. Sa filiale Syneox a déposé deux brevets stratégiques dans le domaine du conditionnement des déchets nucléaires à cycle long. Mais ce n’est pas tout, elle a aussi breveté un procédé de neutralisation à froid de l’amiante, qui peut être encapsulé dans des céramiques et ce à un coût extrêmement compétitif. Enfin Syneox vient de présenter un robot autonome et possédant un blindage anti-radiations ionisantes, pour intervenir sur des zones hautement contaminées, en remplacement d’humain dont la durée d’exposition est extrêmement réduite. Uniquement pour la France, le marché potentiel du démantèlement des centrales nucléaires, s’élève à 750 milliards d’euros d’ici 2050.